Letter 443

Date 1/13 February 1876
Addressed to Hans von Bülow
Where written Moscow
Language French
Autograph Location Basel (Switzerland): Private collection [1]
Publication Hans von Bülow. Ausgewählte Schriften, 1850-1892, Band 5 (1904), p. 297–298
П. И. Чайковский. Полное собрание сочинений, том VI (1961), p. 21–22

Text and Translation

Based on a handwritten copy by Marie von Bülow, which may contain differences in formatting and content from Tchaikovsky's original letter.

French text
(original)
English translation
By Stephen J. Trygar
Moscou
1/13 Février 1876

Cher grand maître!

Je viens de rentrer à Moscou d'une courte excursion en Suisse où je suis allé pour des affaires de famille, et je trouve ici Votre bonne lettre du 13 Janvier où Vous m'annoncez encore un succès americain que je Vous dois. Recevez, cher protecteur de ma muse, mes remérciements les plus chaleureux et l'expression de la joie que je ressens en considérant le pas énorme que la propagation de ma musique a fait grâce à Votre protection.

N'est ce pas étrange à penser qu'entre les deux plus célèbres artistes de notre époque, c'est en Vous qui ne me connaissez que depuis peu et non en Antoine Rubinstein, qui cependant a été mon maître, que ma musique a trouvé un appui si nécessaire et si bienfaisant? Ce Dieu olympien n'a jamais témoigné vis à vis de mes compositions, qu'un souverain mépris et je Vous dirai sous le sceau de la confession que j'en ai toujours été profondément blessé. Laissez moi, à propos du quatuor dont Vous m'annoncez le succès, V[ou]s conter un petit détail qui va Vous faire comprendre combien est grand ce mepris. Quand, il y a quelques années, je me suis adressé a l'éditeur Bessel (de Petersbourg) en lui proposant gratis l'édition de ce quatuor, il se rendit R[oubinstein] pour apprendre de lui si cette composition en valait la peine. «Non», répondit décidément mon ancien maître, et là-dessu Bessel m'envoie un refus des plus formels et des plus humiliants. Et c'est toujours de cette manière que le grand artiste s'est comporté à l'égard de mes œuvres. Si je Vous dis cela, Monsieur, c'est pour Vous faire comprendre l'immensité de la reconnaissance que je Vous dois, il Vous qui n'avez pas été mon maître et qui n'êtes pas même un compatriote.

Me voici possesseur d'une carte d'entrée pour les représentations de Bayreuth. Je me berce du doux éspoir de Vous y voir et de pouvoir Vous réitérer de vive voix l'expression de ma gratitude. En attendant permettez moi de Vous souhaiter santé, prospérité et réussite de tous Vos projets.

Votre admirateur dévoué et reconnaissant,

P. Tschaikovsky

Moscow
1/13 February 1876

Dear grand Maestro!

I have just returned to Moscow after a brief excursion to Switzerland, where I went for family matters, and I found your kind letter of 13 January 13 where you once again tell me of an American success that I owe to you. Please accept, dear protector of my muse, my warmest thanks and the expression of joy that I feel because of the enormous step that the propagation of my music has taken thanks to your protection.

Is it not strange to think that between the two most famous artists of our time, it is only in you, who have only known me for a short time, and not in Anton Rubinstein, even though he was my former master, that my music has found the necessary and beneficial support? This Olympian God has never demonstrated anything other than a regal contempt for my compositions, and I will tell you, under the seal of confession, that I have always been deeply hurt by this. Permit me tell you a little detail concerning the quartet whose success you tell me about that will make you understand how great this contempt is. When, some years ago, I approached the publisher Bessel (in Petersburg) and offered him the publication of this quartet free of charge, he went to Rubinstein to find out if this composition was worth the trouble. "No", my old master firmly replied, and thus Bessel sent me a most formal and humiliating refusal. The great artist has always behaved in such a manner towards my compositions. I say this to you, Sir, who have been neither my master nor even a compatriot, to make you understand the immensity of the gratitude that I owe you.

I am in possession of an entry pass for the performances in Bayreuth. I am cradling sweet hopes of seeing you there, and of being able to reiterate my expression of gratitude in person. In the meantime, permit me to wish you health, prosperity, and success in all your projects.

Your devoted and grateful admirer,

P. Tchaikovsky

Notes and References

  1. The autograph was formerly in the collection of the Frankfurt jeweller and art collector Louis Koch (1862-1932). See Georg Kinsky, Manuskripte, Briefe, Dokumente von Scarlatti bis Stravinsky. Katalog der Musikautographen-Sammlung Louis Koch (Stuttgart 1953), p. 301.